Vingt ans après

Et bien nous y voilà. Cela fait vingt ans ce six octobre, que JF nous a quittés. Incroyable comme le temps file. Je n’aurais jamais envisagé dire un jour « Cela fait vingt ans… ». A l’époque, on était nettement moins connectés qu’aujourd’hui, je vivais aux Antilles, et je n’ai appris son décès qu’avec trois semaines de retard. Je me souviens du coup de fil de ma mère pour me l’annoncer. Je suis resté abasourdi, je me suis assis sur le bord du lit je crois, à ne plus savoir quoi faire, pendant un bon moment. D’autant qu’avec l’éloignement, nos rencontres étaient rares, et cela faisait plus d’un an qu’on ne s’était vus. En général on arrivait à se croiser une ou deux fois à l’occasion de mes passages à Paris. « Viens rue Hélène, la prochaine fois… » et ça ne s’est jamais fait. On se retrouvait souvent au fond d’une salle de bar tranquille, pas forcément très longtemps, mais assez pour discuter famille, musique et tout un tas de choses sans importance mais indispensables… Et de mon travail aussi, qui m’avait emmené en Afrique et aux Antilles et lui parlait assez. Des réminiscences de son passage au Parti Humaniste, mais surtout sa vraie sensibilité. On s’est même rencontrés une fois par hasard au Sarah Bernhardt, à côté du Théâtre de la Ville. J’y étais installé avec un ami et il est venu s’asseoir de dos à la table d’à côté. Il n’y a qu’à Paris que ces choses-là arrivent. A l’époque, je ne connaissais personne d’entre vous, je crois. C’est venu après. Lorsque j’ai voulu tâcher de faire revivre ce que je n’avais finalement pas bien connu. Je suis donc particulièrement heureux que ce grand vide m’ait permis depuis de vous rencontrer, qui plus est pour de vrai pour certains d’entre vous. Merci à vous, et vive JF.

Christophe

Une rencontre fortuite…

« Et justement, hier soir, nous discutions avec Michel [Portal] et nous avons parlé de JF… Nous étions d’accord sur le fait que nous n’avons jamais eu de meilleur bassiste… ». Ce 21 juillet 2017, de passage à Jazz à Junas pour écouter Omar Sosa, je tombe sur Joachim Kühn dans les coulisses du festival ! Je ne l’avais croisé qu’une fois auparavant, en 1985 (pfouuu, ça passe…), avec JF et Daniel bien sûr. Quelle extraordinaire surprise ! Il vit désormais à Ibiza et n’est bien évidemment absolument pas connecté à Internet. Du coup, je lui ai passé mon numéro de téléphone et mon adresse postale… On a parlé d’Unison, et de comment il avait trainé JF qui ne voulait pas, pour réaliser cet album. « Un son à nul autre pareil !! » confie-t-il. Et d’ajouter « J’ai des dizaines de bandes chez moi… J’enregistrais tout. Un jour il faudrait que je les sorte. Tu as le CD qu’on a sorti récemment pour mon « anniversaire » ? Ce n’est que du matériel inédit. Je vais te l’envoyer [large sourire personnel]. » Et à propos du trio, « Il y a deux live enregistrés au Japon qui sont formidables. Je dois en avoir encore quelques copies [re-sourire personnel…] ». Et puis finalement, Joachim lâche que son entourage le pousse à utiliser les réseaux ces temps-ci. Du coup, il a enregistré quelques vidéos qui devraient être postées sur YouTube prochainement ! Inutile de vous dire que j’attends la suite avec impatience… Ah oui, et puis, je n’ai même pas pensé à prendre une photo… Et tiens, voici le programme de cette fameuse Birthday Edition, déjà signalée à l’époque ici. De quoi saliver…

Les concerts avec Keith Jarrett

Difficile de trouver de l’information sur ces concerts qui ont pourtant bien eu lieu fin 1969. Sur un site non-officiel, dédié au pianiste, on trouve cependant ces informations : « Keith Jarrett played for about two weeks, although not every night. What’s certain is that he played on November 12 and November 13. He probably played two 50-minute sets per night. One night, Aldo Romano couldn’t make it. Charles Bellonzi, a French drummer, wanted to play with Keith Jarrett, but he refused. » Le trio se serait donc produit régulièrement durant ces deux semaines au Caméléon, situé rue Saint André des Arts.

Références :

JF dans l’objectif de Guy le Querrec

Charles Arnault me rappelle que de nombreuses photos de JF sont visibles sur le site de l’agence Magnum dont faisait partie l’excellent Guy Le Querrec. Compagnon de route de toute une génération du jazz français, il a pris des clichés remarquables de tous ces musiciens. On y retrouve JF, depuis les premières années – en 1966 avec Beb Guérin et François Tusques, jusqu’au dernier concert du trio de Richard Galliano, à Capbreton à l’été 1998.

Les photos de JF par Guy Le Querrec à l'agence Magnum

 

Joachim Kühn Birthday Edition – 2 CD Set

Joachim-Kuehn-Birthday-Edition_teaser_550xCollector ! A l’occasion des 70 ans de Joachim Kühn, ACT a publié l’an dernier un double album anniversaire, qui comprend la réédition de Europeana, la pièce symphonique arrangée par Mike Gibb… mais surtout des enregistrements inédits du trio Kühn, Humair, Jenny-Clark, enregistré au JazzFest de Berlin en 87 et 95 ! J’étais passé à côté de ce disque que je vais très prochainement rajouter dans la discographie de J.F.

A retrouver ici sur le site d’ACT

A propos de vidéos, par Charles Arnault

Charles Arnault rassemble des tonnes d’informations à propos de JF, toutes plus pertinentes les unes que les autres. Voici un petit point pour recenser d’autres vidéos visibles sur le Net.

Sont disponibles actuellement sur internet, deux émissions Jazz Harmonie de Bernard Lion (issues des archives de l’Ina). la première diffusée le 7 Mai 1970 présente le Steve KUHN Trio (18′). « En studio, le trio emmené par le pianiste Steve KUHN et accompagné de Jean-François JENNY CLARK et du batteur Aldo ROMANO joue trois thèmes « Baubles, bangles and beads » composé par George Forrest et Robert Wright, « Lament » de JAY JAY JOHNSON, « Once we loved » de Gary Mc Farland, « Silver », composition de Steve KUHN et « Watch what happens » de Michel LEGRAND.- A la fin du premier thème, Jean Louis GINIBRE s’entretient très brièvement avec chacun des musiciens du trio. « 

La seconde diffusée le 6 Mai 1972 concerne le Quintet de Gato BARBIERI (30′). « En studio, le saxophoniste argentin Gato BARBIERI entouré de quatre complices interpréte trois différents thèmes de sa composition : une « introduction Tango » (8min.), « Tupac Amaru » (11’25) et enfin, « Carnavalito » (10’30 »). Pour l’accompagnement, on retrouve Marvin PATILLO à la batterie, Nana VASONCELOS au berimbau et aux percussions, Lonnie LISTON SMITH au piano et Jean-François JENNY-CLARK à la contrebasse.- Après le premier thème, André FRANCIS présente rapidement Gato BARBIERI. « 

Aux archives de l’INA il existe aussi l’enregistrement vidéo d’un concert au festival de Chateauvallon du Anthony BRAXTON Quartet le 25 Août 1973 : Anthony Braxton (reeds), Kenny Wheeler (tp), JF, Charles Bobo Shaw (drums).

Philippe Méziat a écouté Jazzwerkstatt Peitz 50

Pour le compte de Citizen Jazz, Philippe Méziat a écouté 9783981485233Jazzwerkstatt Peitz 50. Après quelques explications nécessaires sur le pourquoi et le comment de ce coffret de quatre CD, il relève : « De ces quatre CD, nous avons d’abord écouté le n°3, car il contient un rare duo entre le guitariste Bill Connors et le contrebassiste français tant regretté, Jean-François Jenny-Clark, dont les enregistrements sous son nom sont trop rares. » En excellent connaisseur de JF, il ajoute un peu plus loin : « […] et ce duo avec JFJK, totalement inédit : trente minutes exemplaires, une écoute miraculeuse, le son et les déboulés de Jean-François plutôt bien restitués, une aubaine. » Je vais m’empresser de rajouter ce coffret prochainement à la liste de discographie de JF. Merci Philippe !

Tout est là : http://www.citizenjazz.com/Jazzwerkstatt-Peitz-50.html
citizen_jazz

Petite perle… Nîmes Jazz festival 1980

Je poursuis ma quête de vidéos avec JF. Sur Vimeo, je viens de trouver ce petit film de David Carayon, « Nîmes en jazz », tourné à l’occasion du festival de jazz de Nîmes de 1980. En ouverture, possiblement encore le [xyz-ihs snippet= »portal »] Unit avec entre autres JF bien sûr, mais également [xyz-ihs snippet= »humair »], [xyz-ihs snippet= »jeanneau »], Bernard Lubat, Henri Texier (oui, deux contrebasses en même temps)… Et dans le reste du film, outre quelques délires d’époque, Lester Bowie, Art Blakey…